• Cascade de gaffes à gogo ...

     Ce long texte n’est pas une fiction, les faits n’ont pas été modifiés pour les besoins du récit. Je voulais donc apporter une pondération à l’article de Raphaël sur la Rivedousienne :

     Il est communément admis que la loi, dite de Murphy, est la loi de l’emmerdement maximum. De mon côté, je tire une part de mon originalité de mon naturel optimiste à tel point que lorsque la tartine de confiture tombe sur le sol, je trouve toujours un moyen d’y voir une opportunité : "Ca tombe bien, c’est du Nutella que je voulais et le chien adore la myrtille sauvage". N’étant pas parfait, je sais aussi être particulièrement injuste avec ceux de la famille qui sont dans les parages au moment du drame…. Comme tous les hommes ?

    Quoiqu’il en soit, en ce samedi 19 juin 2010, tout excité à l’idée de nous retrouver à la Rivedousienne, je me lève de bonne heure et de bonne humeur. Préparation fébrile du canot, dans l’attente de l’arrivée de mon remorqueur et équipier : Francis alias "Crocnaute" pour les nouveaux.

    C’est peu après 8 H que tout a basculé ! Francis arrive et j’oublie d’appeler Nadège en partant de la maison pour synchroniser notre rencontre. Rencontre initialement prévue à la Grosse Horloge. J’oublie que je lui avais finalement demandé de nous attendre à la Gare pour plus de simplicité une heure avant. Et, confiant, je demande à Francis de prendre la route de … la Grosse Horloge … oups … Première boulette !

    Nous récupérons Nadège après lui avoir fait faire un 573 m en petites foulées. Nous partons enfin pour Rivedoux avec une escale programmée pour déposer Nadège auprès de son Cap’tain (Philippe alias "Keep Cool") avant le pont. Moi toujours confiant et pendu au tel pour un problème de travail, j’indique magistralement à Francis le chemin Rétais. Et c’est très naturellement que nous nous retrouvons … sur la route … de Niort (véridique !). Et de deux !!

     

    Arrivé à Rivedoux nord et une fois sur l’eau, je continue de cheminer dans l’errance la plus parfaite et propose une option plus qu’audacieuse à Francis : "Comme on est lourds à l’aviron, on va prendre vers le large puis direct sur la bouée !" Francis, sympa ne dit rien et nous laisse passer du groupe de tête au départ à la dernière place à la fin des 20 mn d’aviron. Et de trois !

     

    Mon optimisme inébranlable reprend le dessus et je me mets à remotiver mon équipier qui commençait doucement à rire en même temps que moi de la guigne qui me poursuivait depuis l’aube. Je lui glisse ma botte de secrète : "j’ai passé un peu de temps la veille à mettre au point une technique pour gréer en 6 secondes la grand voile au tiers de Doody. Ca va être une boucherie tellement on va les pourrir !!" Au Tuuuuuut de Raph, je bondis à la manœuvre, convaincu de refaire notre retard par cette ruse, sûr que la stratégie (suicidaire ?) du départ nous mènerait à une victoire certaine, totale et éclatante. J’imaginais déjà Francis et moi, adulés par la foule des Vapistes et mettant tout en œuvre pour garder un peu de l’humilité qui caractérise les grands champions. Cette belle rêverie fut de courte durée contrairement aux très longues minutes qu’il nous fallu pour corriger la technique géniale mise au point la veille. Et de quatre !

    La rigolade était maintenant à son comble dans le Pirmil. Mais notre indéfectible volonté de vaincre reprit rapidement le dessus lorsque, fier, rapide et léger, Doody, premier du nom, bien barré par Francis se mit à fendre l’eau autant que nous la poire. L’espoir se lut dans le silence assourdissant qui s’empara des membres de l’équipage. Tout fébrile de ce retournement de situation, nous nous prenions à retrouver le cours de nos rêves de victoire. Mais c’était sans compter sur ma mauvaise étoile et mon sens de la gaffe (je crois que mon ange gardien était en RTT samedi). Dans un élan de délirium très mince et ayant repris la barre, je propose de virer avant tout le monde. Là, Francis tente bien un "Ben euuu, t’es sûr que …". Trop tard, le capitaine fou était lancé et rien, plus rien ne nous arrêterait dans cette défaite annoncée. Et de cinq !

    Encore une fois, Éole tente de nous aider en nous plaçant à l’antépénultième place au virement de la bouée. C’était encore une fois sans compter sur notre génie du foirage de régate. Je dis nous car mon Francis était maintenant contaminé par Murphy et sa cruelle loi. Il propose alors, et je suis à fond avec lui, de tester le geenecker qu’il a fait fabriquer pour Crocnaute son Drascombe. C’est maintenant la volonté de ne pas perdre la face qui nous fait croire que Doody paré de sa nouvelle garde robe trouvera la force vélique de remonter un, voire deux autres bateaux pour nous placer en milieu de tableau. Mais les réglages et le cap ont raison de nous et c’est en bons derniers que nous passons la ligne. Et de six !

    Mais une symphonie, fusse-t-elle de conneries, ne s’achève pas sans un final à la hauteur des premiers mouvements. C’est donc toutes voiles dehors que Doody et le reste de la flotte se dirigent vers le pont où nous croisons Joshua. Nous virons avec les plus rapides et nous entamons notre retour vers l’apéro tant mérité. Le plaisir est là et c’est à bonne vitesse, avec ses 19 m² de voilure que Doody file vers les bières et les petits gâteaux. Lorsque soudain "CRAAACk" le mât prend 20° d’angle sous le vent … Nous venons de casser le pied de mât … Et de sept !!!

    La série noire prend fin avec le remorquage de Doody et de son équipage à bout d’optimisme par Christian (alias Marie-Brigitte pour les intimes). Seul encore nous porte l’idée de l’apéro et d’imaginer la rigolade des copains.

    Malgré cette demi-journée de "merde", le pique-nique et la soirée ont visiblement réactivé le système d’exploitation de mon ange gardien. Sachant que j’étais si bien entouré, il s’est sans doute accordé un peu de repos après deux ans de dur labeur. Cette matinée qui a accumulée autant de désagréments, allant de mal en pis, se termine donc parfaitement dans la joie d’être ensemble.

    Merci à tous ceux qui ont répondu à ma demande d’aide pour le pied de mât. J’espère être sur la ligne pour la Ronde. Merci encore à Raph, le colmarien, qui s’est si bien sorti de cette organisation qu’il redoutait un peu. Merci enfin à Francis pour sa patience et son sens de l’humour dans cette matinée digne d’une pièce de boulevard (à Venise of course). Enfin, le plaisir de partager ensemble (et je pense particulièrement à Gilles et Michèle) me conforte une fois de plus dans ma conviction que même dans la merde, l’espoir, l’envie, l’optimisme et la volonté de s’en sortir sont les plus forts.

    Au plaisir de naviguer autrement très vite.

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